
ENNEADO
Ennéagramme et
pratique philosophique
Apprendre à penser par soi-même en questionnant ce qui pense en soi.
Nous avons tous des habitudes de percevoir, de penser, de réagir et d'agir.
L'ennéagramme permet de les observer,
la pratique philosophique permet de les questionner.

Une pensée à activer
Philosophie pour questionner
Gurdjieff décrit très concrètement comment se forme une pensée passive : elle naît d’associations d’idées qui suscitent nos impulsions automatiques, à l’opposé d’une pensée volontaire, capable de prendre distance avec ces enchaînements.
Entre satisfaction de soi et conscience de soi, un travail intérieur devient nécessaire : ralentir, observer, faire naître un véritable désir de savoir.
La pratique philosophique nous invite à mobiliser ce qui nous relie : la raison. Elle ouvre un espace intérieur depuis lequel nous pouvons nous mettre en quête, plutôt que de nous satisfaire de nos premières réponses.
Du point de vue philosophique, la responsabilité de l’être humain peut alors être envisagée comme la nécessité de s’interroger sur la nature de son être et sur les représentations qui orientent son existence.
Questionner l’origine de notre condition humaine peut devenir un apprentissage du détachement : prendre distance avec nos besoins, nos réactions et nos certitudes pour chercher à comprendre ce qui, dans notre expérience singulière, peut rejoindre une question plus universelle.
La rigueur de cette démarche tient moins à l’ennéagramme qu’à la conduite maïeutique du dialogue. Il ne s’agit pas d’apporter une réponse à la place de la personne, mais de la conduire, par des questions successives, à examiner ses propres contradictions et à voir ce qu’elle ne voyait pas encore.
Cette discipline du questionnement, inspirée de la tradition socratique, permet de faire émerger une matière vivante plutôt que de confirmer à l’avance un cadre théorique.
L’ennéagramme redevient alors ce qu’il devrait rester : un prétexte à l’examen de soi, et non une conclusion sur ce que la personne est.